Achen

 

Le village d'Achen s'étend en pays découvert, à la limite occidentale du canton de Rohrbach. Il est situé au confluent du ruisseau d'Achen et du rLe village au début du XXe siècle.uisseau de Singling.


Écarts et lieux-dits

  • Le village disparu de Pfaffenthal n'a laissé aucun souvenir.
  • Les champs du Dellwiese, du Mohwiese, du Salwiese et du Spitzerwiese.
  • Les moulins de l'Altmühle, de Neumühle, du Gallenmühle, de l'Oligmühle et du Walkmühle.
  • Les collines du Nauwieserberg, du Rebberg et du Weidesheimer Berg.
  • Le Val d'Achen regroupe les logements d'officiers et de sous-officiers, construits avant guerre pour les militaires du 153e Régiment d'Infanterie Française en garnison à Achen. Le casernement est complètement détruit. 
  • Allwieserwald, Bousters, Breuil, Busters Leick, Frohn, Fuerst, Labbisch, Leyer, Mohwieserhuebel, Piffersraedchen, Schittefeld, Vinbach et Vitz Bett.  

Histoire

Le village est mentionné pour la première fois dans un texte de 1199, sous la forme Aqua (eau, rivière), puis en 1246 Acchene, et enfin en 1553 Achen, sa forme définitive.

Du point de vue temporel, les terres ont appartenu aux seigneurs de la Petite-Pierre (Lutzelstein) puis occupées par le duc de Lorraine, qui réunit le village à sa seigneurie de Bitche. Celle-ci est donnée au XIIe siècle au fils du duc Ferry II, Réginald, en même temps comte de Blieskastel, aujourd'hui en Sarre. Ainsi, on comprend le traité de 1246 par lequel le duc Mathieu II promet, quand il aura recouvré la seigneurie de Bitche, de rendre Achen au comte de la Petite-Pierre. Dans la suite, le comte Hugues paraît être rentré de fait en possession d'Achen, puisque, en 1272, il donne le patronnage et la dîme d'Achen à l'abbaye de Sturzelbronn, qui les rétrocédera en 1621, au duc de Lorraine en échange de six maldres de sel de Dieuze. En 1382, le comte Henri prétend tenir Achen en fief de l'empire.

En 1457, Wolter de Thann engage ses droits, biens et gens à Achen à Guillaume de Fénétrange, dont les droits passent après sa mort en 1472 à sa nièce, Barbe de Fénétrange, et à son époux, le comte Nicolas de Mörs-Sarrewerden. Le 12 juillet 1553, le comte de Nassau-Sarrebruck cède le village à Jacques de Deux-Ponts qui, en 1297, avait acquis la seigneurie de Bitche. En 1572, la seigneurie est occupée par le duc de Lorraine et, depuis cette date, Achen partage le sort du duché de Lorraine. Le village devient commune du nouveau canton de Rohrbach dès 1790.

Le relief varié et accidenté a entraîné la construction d'ouvrages importants de la Ligne Maginot et notamment celui du Haut Poirier. La population est évacuée le 1er septembre 1939 en Charente, à Condac, Jarnac, Bioussac, Poursac et Barro, la mairie s'étant repliée à Condac. Les habitants regagneront leur village le 1er octobre 1940. Bombardé le 7 décembre 1941, le village est libéré par les troupLe vieux pont avant les bombardements.es américaines le 8 décembre 1944. Mais, lors de l'offensive Von Rundstett, les Allemands reviennent jusqu'à l'entrée nord de la commune, où de terribles combats se déroulent le 3 janvier 1945, rue de Wiesviller. Les Allemands sont pourtant définitivement refoulés le lendemain.

L'ancien pont au centre du village, portant la statue de saint Jean Népomucène et comprenant cinq arches, reconstruit en 1786, a sauté au moment du bombardement. Il est remplacé par un pont en béton d'une seule jetée. La commune est citée à l'ordre de la brigade le 11 novembre 1948 : " Commune de Lorraine très éprouvée par les bombardements et les combats qui ont été livrés sur son territoire, Achen compte 9 tués et 8 blessés. Évacuée d'office dès septembre 1939, la population, à son retour en octobre 1940, fut l'objet de nombreuses vexations et sollicitations de la part de l'ennemi, mais elle resta fidèle à la Mère Patrie. Par son attachement à la France et par ses sacrifices, Achen s'est acquis des droits à la reconnaissance du Pays ".

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec étoile de bronze. Achen a payé un lourd tribut lors des deux guerres mondiales : 20 victimes lors de la Première Guerre mondiale, 2 victimes lors de la Seconde Guerre mondiale, 14 Malgré-nous tombés ou non rentrés en 1940-1945, 10 victimes civiles des bombardements, soit une commune sinistrée à 48 %.


Cultes

Le village est une ancienne paroisse de l'archiprêtré de Hornbach au diocèse de Metz, passée dans celui de Rohrbach en 1804. L'église St. Pierre, à la collation de l'abbaye de Sturzelbronn jusqu'en 1621, était l'église-mère d'Etting et de Kalhausen. Elle est construite en 1725 et agrandie du côté du Le village au début du XXe siècle.chœur en 1778.


Lieux et monuments 

  • L'église St. Pierre est construite en 1725 et agrandie en 1778.
  • Des monuments funéraires des XVIIIe et XIXe siècle sont replacés dans l'ancien cimetière, qui entourait l'église jusqu'en 1966.
  • L'Altmühle, habité avant la guerre de Trente Ans, en 1570 par Etienne Muller et enfin en 1612 par Jean Vogel, est complètement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Les nombreuses croix de chemin qui parsèment le ban du village.
  • La Walkmühle (le moulin à foulon) est donné à un nommé Louis Muller par le comte Jacques de Deux-Ponts-Bitche en location viagère en 1546. En 1572, Laurent Muller y est meunier. Dix ans plus tard, on lui permet de transférer ce moulin à blé au village, où il est devenu très probablement le Neumühle, et le moulin même est changé en moulin à foulon. Mentionné de 1661 à 1703 comme étant détruit, Jean Funfrock obtient le 20 mai 1733, de la duchesse régente, la permission de le reconstruire, à charge de lui donner une dîme de quatorze francs par an. Le nommé Antoine Muller de Sarre-Union profite de cette autorisation. En 1867, le moulin appartient à un certain Pierre Gross d'Achen, dont le fils lui a rendu en 1908, sa destination première de moulin à blé. Il n'est plus exploité actuellement par son propriétaire actuel.
  • Le Neumühle, en plein village, est mentionné pour la première fois en 1612 comme appartenant à Jean Zoller. Ce moulin, détruit pendant la guerre de Trente Ans, est vendu après la reconstruction à Nicolas Muller, l'héritier de Jean Zoller. Le moulin actuel a usage d'habitation.  
  • L'Oligmühle, à huit cent mètres de l'Altmühle, est mentionné pour la première fois en 1729, son propriétaire de l'époque étant un certain Wittbrauch. Les propriétaires suivants sont Jean Nicolas Schmitt de 1762 à 1782 puis son fils Jean Schmitt. Jean Freyermuth et Eve Herzog leur succèderont avant que le moulin ne passe aux enfants et petits-enfants de ces derniers, jusqu'en 1878, où les exploitants se retirent à Rahling. Le nouveau propriétaire, Etienne Bertran, le vend en 1890 à Charles Gross de Bining, l'époux de Hoffmann Barbe. Le gendre de ces derniers, Jean Assant l'exploite jusqu'à ces dernières années et le moulin suit le sort des autres en 1971.
  • Le Gallenmühle doit son nom, d'après la tradition locale, à un certain Gall, immigré de Suisse. Ce moulin, propriété vers 1725 de Philippe Seyler qui l'a acheté pour 875 écus (Taler) à son père, Pierre Seyler, est resté propriété de cette famille jusqu'en 1896. Le moulin n'est plus actuellement en activité.

Armoiries

Le blasonnement de la commune, par arrêté préfectoral du 14 mars 1950, est le suivant : coupé de gueules au chevron ployé d'argent et à deux clés d'or réunies en chevron versé brochant et d'or à la Croix de Lorraine de gueules.

La partie supérieure représente les armoiries du comte de la Petite-Pierre et la partie inférieure celles du comte de Bitche. Les deux clés sont les attributs de saint Pierre, patron de la paroisse.


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