La chapelle de l'étang (en allemand Weiherkapelle) se situe en plein cœur de la ville de Bitche, à côté de l'ancien hôpital St. Joseph, en bordure de la rue Jean-Jac
ques Kieffer. On y accède par plusieurs marches, ce qui permet de connaître le niveau de la chaussée lors de la construction de l'oratoire, niveau qui a été rehaussé de plus d'un mètre depuis.
Construction
On peut lire la date 1698 dans un cartouche au-dessus de la porte d'entrée, mais d'après les historiens, la chapelle est plus ancienne encore et daterait de 1515. À l'époque de sa construction, elle est érigée à la pointe Nord d'un étang qui baignait le pied du promontoire portant la citadelle, s'étendant au pied de l'ancien mur d'enceinte du village de Kaltenhausen, qui prendra le nom de Bitche après la guerre de Trente Ans.
Au début du XIXe siècle, la pièce d'eau est asséchée en 1820, le ruisseau de la Horn est canalisé et la vallée comblée. Par suite des différents travaux de voirie entrepris pour aménager le réseau routier, la chapelle se retrouve de ce fait en contrebas de la route.
La date de construction de la chapelle est indiquée sur deux dalles en grès sur lesquelles on peut difficilement lire l'inscription latine dont le sens traduit en français est le suivant : « Cette chapelle en l'honneur de la Mère de Dieu, a été achevée le 13 juillet
sous le pontificat de Sa Sainteté Léon X, alors que Maximilien, de par la grâce de Dieu, gouvernait l'empire chrétien et que le comte Reinhard de Deux-Ponts-Bitche régnait ici ».
Le millésime est indiqué sur la deuxième dalle : « En l'an de grâce mil cinq cent quinze, en souvenir perpétuel ». Les deux dalles sont emmurées dans la maçonnerie de la chapelle, du côté de l'hôpital. Il est à signaler que le comte Reinhard est déjà le maître d'ouvrage de la chapelle de Mouterhouse en 1505.
Reconstruction
Une centaine d'années après la construction de la peite chapelle éclate la guerre de Trente Ans, qui ravage la seigneurie de Bitche et en particulier le hameau de Kaltenhausen, qui est incendié. Il paraît presque impensable que la chapelle ait été épargnée, surtout si l'on sait que les troupes suédoises luthériennes ne sont pas d'humeur à épargner un lieu de culte catholique, en pleine époque de guerres de religion.
Quoiqu'il en soit, la date de 1698 inscrite au-dessus de la porte d'entrée prouve que la nef actuelle connaît un agrandissement vers l'ouest en 1698. L'élévation occidentale sera repercée au courant du XIXe siècle. La c
hapelle de l'Étang est donc le premier édifice religieux de la ville de Bitche, dont le développement ne date que de la seconde moitié du XVIIe siècle. Il s'agit d'un édifice en grès et pierre de taille de type église-grange à chevet plat, avec une voûte d'ogives, et dotée d'un campanile sur la première travée de la nef. La façade occidentale au haut pignon rappelle ainsi celle de la première église Sainte-Catherine, avant les travaux de reconstruction des années 1775. La chapelle est couverte d'un toit à longs pans et croupes, avec un dôme polygonal.
Que de personnes sont descendues ces quelques marches pour s'agenouiller dans cette chapelle séculaire, à l'occasion d'une visite à l'hôpital voisin ou tout simplement le temps d'attendre un car. Dédiée à la Vierge Douloureuse, la chapelle de l'étang, restaurée extérieurement par la commune en 1985 et intérieurement par la paroisse en 1986, a retrouvé en la fin du XXe siècle, jeunesse et distinction en
obtenant son classement au titre de monument historique. L'autel date du deuxième tiers du XVIIIe siècle.
Mobilier
Placée au fond de la chapelle, dont elle est l'oeuvre maîtresse, la statue de la Vierge Pitié du XVIIe siècle, en bois de tilleul doré et argenté, se rattache à la production alsacienne. Assis dans une position inhabituelle sur le genou gauche de la Sainte Vierge, le Christ, à l'anatomie très marquée, est maintenu sous sous la nuque. L'aspect massif du groupe est tempéré par l'allure générale de la Vierg
e, qui forme un arc de cercle, et par l'attitude d'abandon du Christ. La piéta est restaurée en 1959.
Calvaire
Récemment déplacée et maintenant adossée à la façade occidentale de la chapelle, une croix du XVIIIe siècle constitue par sa morphologie et son décor une exception. Galbé en plan et en élévation, le socle est surmonté d'un fût-stèle droit plus récent, orné de la figure de St. Nicolas portant sur un livre les trois bourses, dont il dota les jeunes filles. La croix, entourée d'une bordure saillante, est décorée à ses extrémités d'accolades terminées par des enroulements, tandis que la figure du Christ, sculptée en haut-relief, s'impose par son traiteme
n
t très réaliste.