Citadelle de Bitche

Accueil

Canton de Bitche

Canton de Rohrbach

Canton de Volmunster

Géographie

Histoire

Religion

Patrimoine religieux

Patrimoine civil

Sources

Liens

 

Véritable chef d'œuvre de l'art militaire surplombant toute la cuvette et semblant veiller sur la cité, la citadelle de Bitche est le plus important site historique et touristique du Bitscherland.Vue de la ville de Bitche et de sa citadelle.


Histoire

La première mention du nom de Bitche se trouve dans une lettre datée du milieu de XIIe siècle et dans laquelle le duc de Lorraine Matthieu Ier demande au comte de Sarrewerden de respecter les limites ainsi que les habitants de sa seigneurie. Dans cette lettre écrite en lettres gothiques mais en latin, les limites de cette seigneurie sont parfaitement établies. Dès 1170, un Bitis Castrum apparaît dans un document où Frédéric Ier de Lorraine se dénomme lui-même Dominus de Bites, « seigneur de Bitche ». La tradition situe ce premier château de La Grosse-Tête de la citadelle, un ouvrage à corne.Bitche, ou Altbitsch, sur le Schlossberg au nord du village de Lemberg. Le château donnera son nom à la seigneurie puis à la ville de Bitche. Ce château semble plutôt être un pavillon de chasse situé dans la proche forêt de Lemberg.

Il semble qu’à la même époque, sans qu'il soit possible de dater l'évênement, un autre pavillon est construit sur le Schlossberg à l'emplacement de l'actuelle citadelle. L'intérêt stratégique de ce promontoire avec vision panoramique sur plusieurs vallées n'a pu échapper aux seigneurs de l’époque. Le second château fort est donc sans doute construit à la fin du XIIIe siècle par le comte Eberhard de Zweibrücken, décédé en 1321, sur le rocher actuel de la ville de Bitche. Il est partiellement détruit au début du XVe siècle pendant la guerre des Paysans.Gravure du château de Bitche durant le Moyen Âge.

Au XIIIe siècle, la seigneurie de Bitche étant le seul territoire du duc de Lorraine à se trouver dans le domaine linguistique allemand et du fait du morcellement des possessions des comtes de Zweibrücken, elle se trouve géographiquement isolée. Le comte Eberhard II de Deux-Ponts propose alors un accord d'échange au duc de Lorraine. Cette transaction se fait par deux traités : celui du 13 mai 1297 et celui du 1er juillet 1302. Le comte Eberhard II de Zweibrücken épouse en 1309 Agnès de Bitche, fille de Thiébaud II de Lorraine et prend le titre de comte de Deux-Ponts et seigneur de Bitche et après l'avoir transformé, fait du château de Bitche sa résidence principale.

Bitche devient lorraine

Jusqu’au début du XVIe siècle, la seigneurie de Bitche dépend en définitive du Saint-Empire romain germanique. Lorsque Reinhard de Bitche meurt en 1531, ses deux fils se partagent son domaine. Mais bien vite, ils se brouillent et se querellent si bien que le duc de Lorraine commence à avoir des visées sur cette seigneurie. En fin de compte, Amélie de Bitche, fille de feu Simon Wecker et épouse de Philippe de Limange, vend la terre de Bitche au duc de Lorraine Charles II pour la somme de 50 000 écus. Il semble pourtant que les choses ne se passent pas très facilement puisqu'en 1563, le comte Jacques de Bitche rachète les maisons en bas du promontoire rocheux, les fait raser et fait construire des remparts pour se protéger des ducs de Lorraine auxquels il ne veut pas payer les aides. Jacques meurt en 1570 sans laisser de L'entrée de la citadelle.descendants directs, il est le dernier comte de Bitche-Zweibrücken.

Il faut attendre ma seconde partie du XVIIe siècle pour se faire une idée du château et de son site. Une vue cavalière, signée de la Poincte, fournit quelques détails intéressants. Cette vue ne correspond cependant pas tout à fait à la réalité, le dessinateur s'étant laissé emporter par son imagination. La surface du plateau, en réalité nettement plus étroite (sa longueur n'est que de 400 mètres et sa largeur moyenne de 33 mètres), est en effet augmentée exagérément. Cette représentation nous donne toutefois une idée en ce qui concerne la répartition des bâtiments et le mur d'enceinte, comportant une série de tours de flanquement.

En 1634, Richelieu, pour punir le nouveau propriétaire, Charles IV de Lorraine, décide de le déposséder de ce qui lui reste encore. LeLa gravure du château au 17e siecle par de la Poincte. maréchal d'Humières est chargé de prendre le château de Bitche qui se rend après un siège de dix jours. Les Français s'installent dans le pays et les malheurs continuent. Lorsque Louis XIV s'empare de Bitche en 1680, le château des comtes de Deux-Ponts-Bitche, restauré à plusieurs reprises, est en ruine. Durant l'hiver
1673-1674, Turenne prend ses quartiers d'hiver dans le Palatinat et vient visiter Bitche. Impressionné par l'importance stratégique du site, il finit par convaincre Louis XIV de fortifier ce point et en 1679, le roi charge de ce travail l'ingénieur Vauban, concepteur de la ligne défensive entourant le royaume. Les travaux ont lieu de 1683 à 1697 et coûtent à la France 2 500 000 livres d'or, une somme énorme pour l'époque. Vauban fait découper le rocher en trois parties bien distinctes, séparées par deux gorges profondes. Grâce à une série de bastions, à un réseau de souterrains, à un chemin couvert, à des bâtiments militaires très modernes et à un armement puissant, la forteresse est considérée comme imprenable.

Bitche occupera alors dans le système des fortifications du nord-est du royaume une place essentielle, mais qui ne durera que quelques années. En effet, l
a citadelle est totalement démantelée en 1698 par suite des clauses du traité de Ryswick qui cède la ville de Bitche à Léopold Ier, duc de Lorraine. Les nouvelles fortifications construites avec tant de peine doivent être rasées et un régiment entier, originaire des Flandres, se charge de cette besogne de l'automne 1697 à l'été 1698. En 1701 éclate la guerre de Succession d'Espagne et, une nouvelle fois, une garnison française vient occuper Bitche. Les soldats s'efforcent aussitôt à reconstruire les fortifications construites parLa Grosse-Tête de la citadelle de nuit. Vauban et rasées peu de temps avant. En 1735 et 1736 sont signés des accords spécifiant que le duc de Lorraine François Stéphane renonce aux duchés de Bar et de Lorraine au profit du roi de Pologne en exil Stanislas Leszczyński, dont la fille a épousé le roi de France Louis XV. Le roi déchu vient donc s'installer à Lunéville et prend le titre de duc de Lorraine. 

La situation avantageuse du site de
Bitche n'échappe pas au duc de Belle-Isle, gouverneur des Trois-Evêchés. Placé entre Landau et Sarrelouis, occupant le défilé des Vosges et commandant le carrefour où aboutissent de nombreuses routes stratégiques, il se doit d'être fortifié. Belle-Isle effectue de nombreux déplacements à Bitche et il parvient à convaincre le ministre de la guerre de Louis XV de faire procéder dans un premier temps à un rétablissement provisoire du château, dès 1738. De nombreux mois sont nécessaires pour dégager les souterrains et « pour trouver la La Petite-Tête de la citadelle, avec sa demi-lune.continuité de l'ancienne enceinte sur la berme », car les travaux de démolition effectués par les Français avant leur départ ont été exécutés à la perfection. Le roi s'était réservé le droit de refortifier les principales places-fortes lorraines, grâce à la convention secrète de Meudon, signée en 1736. 

La place forte de Bitche est donc intégrée au système défensif des frontières françaises, sous la direction du maréchal de Bournay. Quand celui-ci meurt en 1740, il est remplacé par un homme providentiel pour la ville de Bitche, le comte de Bombelles. La décision officielle de reconstruire le château est prise. Celui-ci se met à l'ouvrage dès 1741 et lorsqu'en 1744, les mercenaires guerroyant pour l'Autriche s'approchent de Bitche, il sont repoussés. Les travaux de fortification durent jusqu'en 1765, comme l'indique la plaque que Louis XV fait poser à l'entrée. Le tracé de Vauban est respecté et renforcé par d'autres ouvrages. Les ingénieurs en chef, Desboz et de Chermont et par la suite le Directeur des fortifications, Cormontaigne, conLe maréchal de camp Louis de Cormontaigne (1695-1752), responsable de la restauration de la forteresse de Vauban.çoivent un château s'inspirant du tracé de Vauban, mais qu'ils peuvent doter des dernières perfections, grâce à des fonds importants. Cormontaigne rénove les casernes, les bâtiments pour les officiers du génie et le gouverneur, les magasins pour l'artillerie et la poudre, les corps de garde et la défe
nse des glacis. De 1755 à 1760 a lieu la construction de l'ouvrage avancé et en 1765 l'aménagement de l'esplanade au pied du glacis. Les travaux engloutissent annuellement plus de 100.000 livres, somme considérable pour l'époque. Il est à noter que cet ouvrage français est entièrement financé par les Lorrains.

Guerre de 1870

Partiellement détruite lors de l'avancée prussienne en 1870-1871, la citadelle est modernisée par les Allemands de 1871 à 1900, puis à nouveau endommagée en 1944-1945 par l'artillerie américaine. Les faits les plus victorieux pour lLa citadelle pendant le siège de 1870.es défenseurs de la citadelle sont l'attaque de 1793 et la guerre franco-allemande de 1870. La citadelle ainsi que les souterrains sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques depuis 1979.

Aujourd'hui

Le 23 mai 2006, trois cloches sont fondues à l'occasion de l'inauguration officielle du nouveau parcours de visite, en présence de représentants politiques. Christiane Leroy, épouse du président du conseil régional, la marraine et Gérard Mordillat, le réalisateur de la Forteresse assiégée, le parrain, ont coulé avec les ouvriers de l'entreprise strasbourgeoise Vœgele le mélange de cuivre et d'étain. 

Le 25 mai 2006, les fondeurs ont cassé les gangues d'argile et de crottin de cheval pour révéler les trois cloches. La plus lourde, pesant soixante-trois kilos et frappée aux armoiries de la ville et du commandant Teyssier, sonnera à la volée tandis que les deux autres, pesant quarante et vingt kilos, rejoindront l'unique cloche d'époque pour sonner l'heure. Le carillon, quant à lui, ne fonctionnera qu'en 2007, date de la restauration de la chapelle de la citadelle.La citadelle au début du XXe siècle.



Description de la citadelle

Le nouveau château, appelé plus tard la Citadelle, subsiste toujours à l'exception de la plupart des bâtiments de surface. Il comprend alors un plateau central bastionné, précédé à l'est par la Grosse-Tête et à l'ouest par la Petite-Tête. La partie la plus impressionnante est constituée par la courtine sud. Il s'agit d'un bloc de rocher mesurant près de 20 mètres de haut et 210 mètres de long, formant un bouclier efficace contre n'importe quel bombardement. Des séries d'obstacles doivent empêcher l'ennemi de s'en approcher : fossé sec de 2,90 mètres de profondeur et 5,80 mètres de largeur, chemin couvert avec ses traverses, glacis avec une pente de quarante-cinq degrés. Afin de protéger cette longue courtine, on aménage deux bastions à ses extrémités. Celui situé près de la Petite-Tête est accolé au rocher et casematé. Par la suite est construit sur le plateau inférieur, au milieu de la courtine, un bastion bas relié au plateau supérieur par un escalier à vis. Des poternes donnent accès au fossé d'où des rampes permettent de transférer des pièces d'artillerie de campagne, vers les places d'armes aménagées sur le chemin couvert.

La courtine nord, construite sur le même schéma, est pourtant moins spectaculaire. Davantage exposé aux intempéries, le rocher est protégé par un mur. Les éboulements montrent combien cette exposition à la pluie et au gel peut nuire à la olidité des constructions. Certes, on tentait par des saignées de canaliser les eaux de suintement, mais on n'a jamais pu enrayer de façon définitive l'action destructrice du gel lors des grands froids. Il est vrai que ces murs, qui ne sont que des murs de pavement, même éboulés, ne diminuent en rien la force défensive de la forteresse, tant l'épaisseur du rocher est importante. Les courtines courtes sont protégées l'une par la Grosse-Tête, l'autre par la Petite-Tête. Deux ponts, à l'origine mobiles, communiquent à ces deux ouvrages, séparés par de profondes gorges taillées dans le rocher. Sous chaque pont, on peut appercevoir une caponnière qui assure la liaison souterraine.

La Grosse-Tête, monumentale, est chargée de défendre toute approche du château du côté nord et de surveiller les routes de Wissembourg et de Pirmasens. Elle comporte un ouvrage à corne avec un balcon, situé en contrebas. Un escalier à vis permet d'y accéder, ainsi qu'au peit ouvrage à corne du plateau inférieur. La Petite-Tête est d'une conception tout à fait différente. Il s'agit d'une demi-lune, dont l'angle arrondi est tourné vers l'ennemi. Placé devant les bastions, elle permet de de battre le terrain. Un couronné, ensemble d'ouvrages de fortifications divers, reliés par des pas de souris, l'entourait.

Ces fortifications impressionnantes sont complétées par un dispositif interdisant ou compliquant au maximum l'approche de l'entrée du fort. On a ainsi aménagé sur l'emplacement du parking actuel un ouvrage avancé, appelé queue d'hironde. Il est rasé après la Seconde Guerre mondiale, mais on peut le reconnaître sur le plan-relief exposé au musée. Les ingénieurs ont d'autre part imaginé un ensemble d'obstacles devant empêcher un éventuel assaillant d'atteindre le plateau supérieur : 

  • Un pont-levis pouvant être actionné par la garnison du corps-de-garde (l'actuelle billetterie de la citadelle ; 
  • Une rampe dénudée qui place les assaillLa chapelle sur le plateau et, en contrebas, l'entrée principale de la citadelle.ants sous le feu des défenseurs installés sur le parapet du plateau supérieur ou dans les casemates du bastion 4 ;
  • Un deuxième pont-levis, placé devant l'entrée proprement dite ;
  • Une solide porte en chêne, remplacée par une porte métallique en 1895 par les Allemands. L'ancienne est fixée, à gauche, quelques mètres après l'entrée ;
  • Une herse ;
  • Un passage voûté, véritable nasse pour les attaquants.

Toutes ces entraves, ainsi que la hauteur des remparts, empêchant toute escalade, expliquent pourquoi la forteresse de Bitche était considérée comme imprenable.

Le premier bâtiment que rencontre le visiteur arrivant sur le plateau est le corps de garde principal, érigé en 1743. Sa toiture, détruite en 1870-71, n'a pas été remplacée, toute comme les bâtiments se trouvant à proximité et que seules les levées de terre permettent encore de localiser. Subsiste tout de même un certain nombre de bâtiments. Le magasin à poudre, construction massive aux murs épais et aux épais contreforts, représentait le point le plus sensible. La chapelle est le seul vestige du château construit sous Vauban. Elle présente la particularité d'être construite sur un rocher dans lequel a été creusée une immense citerne recueillant l'eau de pluie qui tombe sur le plateau. Dans la chapelle est installé, sur deux niveaux, le musée. De la boulangerie, possédantLa citadelle et les casernes sur le plateau, avant les bombardements de 1870. autrefois deux étages, il ne subsiste que le rez-de-chaussée. Il abrite une collection permanente relative au Second Empire. Le dernier édifice est l'arsenal, où se trouvaient les ateliers de réparation, dans les salles voûtées. Elles n'ont pas été endomagées car elles tournaient le dos à l'ennemi.


Du haut de ce belvédère, on peut remarquer que certaines collines qui environnent Bitche sont plus élevées que la forteresse. Ainsi, la Rosselle, située à l'ouest, se trouve à une altitude supérieure de trente-sept mètres. Lors de la construction de la citadelle en 1740, cette position n'était aucunement handicapante, car l'artillerie n'avait qu'une portée très limitée. Mais lors du conflit de 1870, cette dernière avait entretemps fait d'énormes progrès. Les tubes rayés et une plus grande puissance de la poudre augmentaient la portée et la précision des tirs, de sorte que la forteresse de Bitche était pour les Bavarois, installés sur les hauteurs de la Rosselle, une cible idéale : les bâtLa citadelle et l'arrière de la chapelle.iments ont été détruits dès les premiers bombardements et les mouvements de la garnison fortement contrecarrés lors du siège. Heureusement, les souterrains, dont la solidité était à toute épreuve, constituaient un abri sûr.



Les souterrains

Une des particularités de la forteresse de Bitche constitue incontestablement la diversité de son réseau de souterrains. Rares sont, en effet, les fortifications de ce type à posséder un tel dédale de casemates et de galeries taillées dans le rocher. Bien que leur construction remonte au milieu du XVIIIe siècle, ils se trouvent en fort bon état et n'ont, contrairement aux bâtiments de surface, guère souffert des nombreux bombardements. L'accès se fait en D 4, l'entrée d'un ancien corps de garde d'où l'on pouvait surveiller étroitement tout mouvement. 

Après quelques marches apparaît un palier qui constitue un carrefour. A droite se trouve l'entrée (actuellement interdite) du bastion 1. Derrière la porte métallique, condamnée, se situe la caponnière assurant la liaison entre les souterrains du plateau central et celui de la Petite-Tête. A gauche s'ouvre un hall impressionnant, entièrement taillé dans le roc. La visite débute dans les anciennes cuisines. On y remarque l'emplacement d'un ancien four, pouvant cuire 500 rations à la fois, ainsi qu'un point d'eau, installé par les Allemands après 1871. Le bastion 2 constitue le prochain arrêt. Il s'agit d'une construction casematée, La citadelle et le parc du Stadtweiher.jumelée à deux étages. Plusieurs détails sont à relever :

  • l'épaisseur des murs, mesurant 5,50 mètres ;
  • la trappe d'aération (l'ouverture se situe sous le terre-plein) avec la charetière ;
  • les anneaux, rappelant qu'à l'origine le plancher était suspendu.

Le plancher fixe date du siège de 1870, au cours duquel le bastion a été transformé en hôpital de siège. Cette transformation a permis de gagner une salle supplémentaire. L'étage inférieur se situe à 17 mètres sous le terre-plein. Les deux salles étaient réservées aux blessés graves. Dans celle de gauche subsiste un foyer, indispensable aux infirmiers chargés de soigner les malades. Au fond à droite, les latrines étaient une nécessité absolue. Durant les bombardements de l'hiver 1944, une partie de la population bitchoise a pu, pour la première fois dans l'histoire du fort, se réfugier dans ses souterrains. Il s'La citadelle et la ville en 1867, avec le mur d'enceinte.agissait en particulier des salles de ce bastion 2, qui leur ont assuré pendant de longues semaines une protection sûre.

En remontant vers le hall, il faut admirer la cave à vin, avant de s'engager dans l'étroite galerie, creusée en 1870 par les douaniers affectés au fort. Bien que mineurs improvisés, ils ont réalisé en treize semaines ce forage qui allait rendre d'appréciables services, assurant la liaison souterraine d'un bout à l'autre du fort. La galerie aboutit dans le local D 3, le souterrain du corps de garde principal. Une seconde galerie, elle aussi taillée dans le roc vif, conduit aux latrines et aux forges souterraines (P 1). A proximité se situent la salle du puits (L 4) et la station de pompage, mise au service après 1871. Le local suivant (E 3) présente la particularité d'occuper toute la largeur du rocher, servant autrefois d'étable, de moulin et d'abri. Une porte donnant sur le tunnel de l'entrée principale, permettait aux bestiaux de pénétrer de plain-pied dans l'étable.

Un escalier assure la liaison avec la boulangerie souterraine (J). Les deux fours, en très bon état, assuraient la fourniture en pains de toute la garnison, après la destruction de la boulangerie du plateau supérieur. Pour éviter la moisissure de la farine, les sacs étaient stockés dans une grande pièce aménagée au-dessus des fours. La salle suivante (A 1) est une immense halle, servant autrefois de dortoir à huit cents hommes de troupe durant le siège. Le froid, que les quatre cheminées ne parvenaient pas à chassLa chapelle, rénovée en 2007 et un canon.er, la promiscuité, les mauvaises odeurs provenant de l'étable, le bruit, la lumière blafarde et la longueur du siège constituaient une dure épreuve pour les assiégés. Certes, elle était compensée par la sécurité qu'offrait ce dortoir qu'aucun obus ne pouvait atteindre. La dernière salle (A 2), incontestablement la plus belle, est le dortoir réservé aux officiers. Semblable à une crypte romane, elle est à échelle plus humaine. Bien que nettement plus petite et nettement moins haute, elle comporte néanmoins quatre cheminées. Le circuit des sous-sols se termine ici, présentant seul le tiers du complexe souterrain de la citadelle.



Musées de la citadelle

Les musées sont au nombre de deux et installés, l'un dans l'ancienne chapelle, l'autre dans le rez-de-chaussée de l'ancienne boulangerie. Dans un souci de chronologie, la visite devrait suivre cet ordre. La citadelle, veillant sur la cité endormie, par une nuit de pleine lune.

Dans l'ancienne chapelle, dont la construction remonte à Vauban, deux salles ont été aménagées sur deux niveaux. La première retrace l'histoire du Pays de Bitche de ses origines jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Des collections archéologiques (mésolithique, néolithique, période gallo-romaine), des collections numismatiques (trouvaille de Weiskirch), des bornes armoriées et une riche iconographie illustrent les points forts de l'histoire mouvementée de cette région frontalière. La salle du premier étage est consacrée à l'histoire de la citadelle. Des plans, des documents, des archives, des cuirasses, des objets personnels du colonel Teyssier, mais surtout le plan-relief de 1794 (classé monument historique depuis 1983) - une image Le rempart de la citadelle et la chapelle en arrière-plan.fidèle de la forteresse - mettent en évidence le rôle important joué par cette forteresse qui a subi, durant la guerre de 1870, le siège le plus long : 230 jours.

L'ancienne boulangerie abrite une exposition permanente qui présente le Bitscherland sous le Second Empire. Cette période est particulièrement faste pour la région, car de nombreuses industries, les verreries (Goetzenbruck, Meisenthal et St. Louis) et les usines métallurgiques (Bannstein, Baerenthal, Bellerstein et Mouterhouse) en particulier, connaissent un important essor. Elle contribue ainsi par la construction de la voie ferrée Sarreguemines-Haguenau, inaugurée en 1869, à désenclaver le Pays de Bitche. Illustrer cette prospérité, grâce à du mobilier et des objets datant de cette époque que complète une riche iconographie, est le but recherché. Dans le petit local situé près de l'entrée se trouve une reconstitution de la gare de Bitche en 1870, avec un train miniature, réplique exacte et unique de celui circulant effectivement avant les hostilités. Une maquette de la boulangerie avant sa destruction est visible dans l'embrasure de la fenêtre.


Faire un site | Carte de voeux | Tourisme | Petites annonces | A visiter | Forum Tourisme | Infos légales | Fête des mères