Le charmant petit village de Loutzviller est situé sur le plateau, en pays découvert et à l'écart de la grande route de Bitche à Deux-Ponts. Il est formé d
e deux rues parallèles, la très belle église de la Très Sainte-Trinité s'élevant sur sa bordure méridionale.
Histoire
Du point de vue du spirituel, le petit village de Loutzviller, avec ses succursales de Breidenbach, Rolbing et Schweyen, constitue une très ancienne paroisse de l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui en proche Allemagne, passée dans celui de Volmunster en 1802. La p
aroisse dépend de 1115 à 1609 de l’abbaye bénédictine Sainte-Croix de Bouzonville, fondée en 1030 par Adalbert, comte du Niedgau et de Metz et ancêtre des ducs de Lorraine.
La Réforme protestante est introduite dans le village durant les dernières décennies du XVIe siècle par Maguerite d'Haraucourt, veuve du sieur Jean de Schwarzenberg, propriétaire du fief. La religion réformée ne marquera cependant pas le paysage religieux de la région, qui réintègrera en masse le catholicisme.

Édifice
L'église, dédiée à la Très Sainte Trinité, est reconstruite entre 1731 et 1737 et la tour-clocher hors-œuvre en façade est rebâtie au XIXe siècle. Endommagée pendant la dernière guerre, l'église est restaurée par la sui
te. 
Il s'agit d'un édifice avec plan allongé et vaisseau unique, de type église-grange à chevet polygonal. Le toit est à longs pans avec croupe et flèche polygonale, recouvert de tuiles plates et d'ardoise.
Mobilier
L'église abrite un autel surmonté d'un imposant baldaquin du milieu du XVIIIe siècle. Il proviendrait d'après la tradition d'un couvent de St. Avold. Le maître-autel en bois peint et doré, con
struit vers 1740, est attribué au sculpteur Jean Martersteck. Quant au beau devant d'autel représentant la Sainte-Cène et entièrement argenté, il est réalisé quelques années plus tard, en 1755, par un sculpteur d'Arlon en Belgique, Jean-Claude Mercenier, venu s'installer auprès de son frère, curé de Rimling entre 1729 et 1774.
Le tabernacle interrompant les deux gradins est orné d'un calice sur la porte, tandis que la niche d'exposition, très développée, prend appui sur le second gradin. Ses faces galbées, rythmées par des colonnettes torses et décorées de chutes d'instruments liturgiques, sont accostées d'ailerons à décor végétal
. Six chandeliers, en tilleul peint et doré, datent de la première moitié du XVIIIe siècle et sont peut-être l'œuvre de Jean Martersteck.
La statue de Dieu le Père qui amortit l'ensemble provient d'un groupe de la Trinité commandé vers 1810 à l'un des sculpteurs Guldner de Bérus en Sarre. Le baldaquin, de plan trapézoïdal, est formé se six colonnes torses, qui supportent un entablement à ressauts richement décoré, sur lequel prennent appui des volutes feuillagées sommées d'un globe crucifère. Bien qu'il s'agisse d'une œuvre composite faite d'éléments de provenances, d'époques et d'auteurs différents, l'ensemble présente une réelle qualité, surtout pour la maîtrise de la sculpt
ure. Le maître-autel est c
lassé monument historique au titre d'objet depuis le 22 décembre 1993.
Les fonts baptismaux, en grès gris taillé, datent du XVIIIe siècle, de même que les deux bénitiers, également en grès mais présentant des traces de polychromie.
Les statues des Evangélistes St. Marc, St. Luc et St. Jean en tilleul et sapin, sont réalisées durant le premier quart du XXe siècle. Une croix de procession en chêne monochrome et en bois blanc polychrome est exécutée probablement vers 1741 par Martersteck. Une statue de la Vierge à l'Enfant du XXe siècle, en tlleul polychrome, est achetée après la seconde guerre mondiale par le curé Théobald dans la région de Munich. Des verrières non figuratives sont réalisées par J. Archepel de Paris en 1959.
Cimetière
Une croix de cimetière en grès sculpté est élevée en 170. (le quatrième chiffre manque). Remployée en 1892 comme croix de mission, elle possède un fût droit à niche et un socle droit. Elle représente le Christ en Croix, un cœur transpercé et une fleur dans un cartouche.