Étirant ses deux longues rues au cœur d'une vaste clairière, le gros village de Montbronn est situé sur la bordure occidentale du pays couvert, à proximité immédiate du Bas-Rhin voisin.
Histoire
Du point de vue spirituel, le gros village de Montbronn est une ancienne paroisse de l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui situé en proche Allemagne.
La Réforme protestante est introduite dans le village en 1557 par le baron de Schœnberg, un vassal de l'électeur palatin, propriétaire du village au Moyen Âge. Mais lors du retour du village au duché de Lorraine en 1623, la religion catholique est rétablie. Le village passe dans l'archiprêtré de Rohrbach en 1802.
Édifice
L'église, dédiée à St. Georges, est autrefois située au cœur du village. Élevée dans le courant du XVIIIe siècle, elle est exhaussée au dernier niveau de la tour en 1868 sur les plans de l'architecte Schwartz de Sarreguemines. Cette église est
remplacée à la fin du XIXe siècle par un très vaste édifice construit quelques dizaines de mètres plus à l'ouest, sur des plans de l'architecte messin Rémy Jacquemin. Les travaux sont réalisés de 1893 à 1896 par l'entreprise Noirez de Lesse. Pendant ces travaux, le fils de l'entrepreneur, Etienne, fait la connaissance d'une fille du village, Louise Schneider dite Matze Louise, qu'il épouse. Le couple s'établit à Lesse. Satisfait de la réalisation à Montbronn, Étienne, qui a entre-temps repris l'entreprise paternelle, est chargé de reconstruire l'église de son village natal, Lesse. Mais compte rendu des finances disponibles, l'édifice sera trois fois plus petit. Il s'agit d'une réplique presque exacte de celle de Montbronn. En 1917, les Allemands réquisitionnent les cloches et l'histoire se renouvelle en 1944.
De type basilical, l'église domine de sa masse imposante les habitations voisines, dotée d'un transept saillant. Contrairement à l'habitude généralement répandue dans les années qui précèdent, elle emprunte ses références stylistiques à l'architecture romane, aussi bien dans la structure que dans les élévations ou le décor. La chaire est implantée à gauche.
Mobilier
Un orgue, œuvre de Willy Meurer, est installé en 1963. L'instrument possède deux claviers de cinquante-six notes et un pédalier de trente notes, ainsi que des transmissions électro-pneumatiques.
Orfèvrerie
L'église St. Georges contient un reliquaire de la Vraie Croix, en bois fruitier à l'imitation d'ébène avec un décor en laiton et en cuivre dorés et argentés. Il s'agit d'une œuvre proche de la production de l'orfèvre A. Laroche de Strasbourg, datant de la première moitié du XIXe siècle. Aux cinq plaies du Christ, iconographie traditionnelle dans la région, s'ajoutent les instruments de la Passion fixés à la face du pied, le cœur de la croix étant occupé par une nuée rayonnante, comme sur un ostensoir.