Situé à la frontière allemande et à la limite nord-ouest du Pays de Bitche, le petit village-rue d'Obergailbach s'étire le long d'un petit affluent du Gailbach, profondément entaillé dans le plateau. Située dans la partie orientale du village, l'église St. Maurice occupe un site tout à fait inhabituel, excentrée à l'extrémité de la Grande-Rue.
Histoire
Du point de vue du spirituel, le village d'Obergailbach est une ancienne paroisse de l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui en proche Allemagne. Lors de la réforme des circonscriptions ecclésiastiques, le village passe dans celui de Volmunster en 1804.

Édifice
Dédiée à St. Maurice, l'église est construite dans le style roman au XIIe siècle, période dont elle conserve la tour hors-œuvre en façade. A la fin du XIXe siècle, devant le grand état de vétusteté de celle-ci, il est décidé de la restaurer, ce qui est réalisé en 1902 par l'architecte allemand Tornow, l'auteur du portail occidental de la cathédrale de Metz, dans un style roman. Elle est coiffée d'une flèche rhomboïdale, caractéristique de l'architecture germanique. La nef et le chœur ont été réédifiés en 1774, selon les formules de l'époque et de la région. Endommagée durant la dernière guerre, l'église est restaurée par la suite.
L'édifice à vaisseau unique, construit en grès et en moellon, est recouvert d'un toit à tuiles plates et ardoises. De plan allongé, il s'agit d'une église-grange à chevet polygonal, dont la tour-clocher se situe hors-oeuvre, en façade. Des personnages profanes ainsi que des têtes humaines sont représentées à l'extérieur du bâtiment.
Mobilier
L'église paroissiale possède quelques statues, particulièrement intéressantes. Une première statue de la Vierge du calvaire, en grès taillé, date de la première moitié du XIXe siècle. Il d'agit du seul élément subsistant d'un calvaire situé dans la rue principale, détruit au cours de la deuxième guerre mondiale. Une seconde statue, en plâtre moulé, date de la deuxième moitié du XIXe siècle et figure St. Wendelin, très populaire dans le Bitscherland. Une troisième statue, plus petite, représente le Christ en croix. En bois taillé, elle date sans doute des XVIIIe ou XIXe siècle. Une quatrième et dernière statue, elle aussi de facture plus modeste, fig
ure l'Enfant Jésus de Prague. Moulée en cire, celle-ci date du XIXe siècle. Une peinture à huile sur toile, de taille considérable, date de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle représente le martyre de St. Maurice, patron de la paroisse. L'église possède également un très bel orgue en chêne, datant du XVIIIe siècle, qui a été restauré par la fabrique.
Le mobilier est complété par une magnifique pièce d'orfèvrerie ; un chandelier en laiton, datant du premier quart du XIXe siècle. Les vitraux, en verre transparent coloré, datent de 1944 et 1965, rempaçant ceux détruits lors des bombardements de la dernière guerre. Les verrières du chœur sont signées H. Heyden et datées 1944, celles de la nef sont signées Michel Bo
nnand et datées 1965. Ces vitraux représentent des scènes bibliques telles que l'Annonciation, la Nativité du Christ, la Présentation de Notre-Seigneur au Temple, le Baptême du Christ par St. Jean-Baptiste, l'agonie du Christ, Sa Crucifixion puis Sa Résurrection, la Pentecôte. Ils figurent également le personnage de Melchisédech (de l'Ancien Testament), ainsi que la scène des pélerins d'Emmaüs. Cette église a aussi la chance d'avoir conservé quatre bannières de la paroisse, datant du XIXe siècle. La première, en velours brodé, représente le Sacré-Coeur de Jésus, avec l'inscription : Cor Jesu Sacratissimum, miserere nobis. Une seconde bannière, en satin brodé, figure le combat à mort de l'archange St. Michel et du dragon. Les deux dernières bannières, également en satin brodé, représentent le motif de l'Immaculée Conception, ainsi que le monogramme marial.
Un orgue, œuvre de l'atelier Haerpfer-Erman, est installé en 1959. Remployant un buffet du XVIIIe siècle, l'instrument, qui est restauré par François Delangue en 1990, possède deux claviers de cinquante-six notes et un pédalier de trente notes, ainsi que des transmissions électro-pneumatiques.


Cimetière
Cinq tombeaux du cimetière, entourant toujours l'église paroissiale, paraissent particulièrement intéressants. Un premier monument, anonyme, date de la première moitié du XIXe siècle. En grès sculpté, il représente le Christ en croix, la Sainte Vierge et Sainte Catherine. Une seconde tombe, également anonyme, date de la seconde moitié du XIXe siècle. En grès sculpté, elle montre le Christ en croix et St. Nicolas. Un troisième tombeau, toujours anonyme, date de la première moitié du XIXe siècle. Egalement en grès sculpté, celui-ci représente le Christ en croix, accompagné de symboles macabres, tels qu'un crâne, un tibia, un marteau ou encore une tenaille. La tombe de Jean Nicolas Grau, en grès sculpté, date de 1834. Celle-ci figure le Christ en croix, St. Nicolas et St. Pierre, ainsi que des têtes d'angelots ailées et des fleurs. Un cinquième et dernier tombeau intéressant, datant de la première moitié du XIXe siècle, est celui d'Adam Kremer. En grès sculpté, celui-ci représente ce même Christ en croix, le crâne et les tibias, ainsi qu'une tête d'angelot ailée.