A la frontière allemande et en pays couvert, le charmant petit village de Roppeviller s'étire le long du ruisseau du Grunnelsbach. La partie sud-est du ban est occupée, au début du XIXe siècle, par des étangs, aujourd'hui asséchés, alimentés par des ruisselets se jetant dans l'étang de Haspelschiedt.
Histoire
Du point de vue du spirituel, le village de Roppeviller est tout d'abord succursale de la grande et très ancienne paroisse de Walschbronn, dans l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui en proche Allemagne. Lo
rs de la réforme des circonscriptions ecclésiastiques de 1802, le village est érigé en paroisse autonome du nouvel archiprêtré de Volmunster, calqué sur le canton.
Édifice
L'église paroissiale, de type église-grange, est dédiée à l'Assomption de la Très Sainte Vierge. Elle est construite en 1791 alors que la tour-clocher de style roman, hors-oeuvre en façade, est ajoutée dans la seconde moitié du XIXe siècle. Curieusement placée à l'écart de l'axe principal de l'agglomération, l'église surplombe le village au sud.
Mobilier
Se rattachant par leur morphologie au mobilier baroque des églises d'Alsace et d'Allemagne méridionale, les bancs du XVIIIe siècle en chêne, au profil chantourné, sont richement décorés de rinceaux végétaux, variant d'une jouée à l'autre. Comme les bancs, la chaire à prêcher proviendrait de l'église de l'ancienne et influente abbaye cistercienne du village voisin de Sturzelbronn. Datant peut-être du second quart du XVIIIe siècle et intégrée à un lambris, elle est formée d'une cuve rythmée par des colonettes torses, aux faces creusées de niches abritant les statues des quatre évangélistes. Des têtes d'angelots timbrent les forts ressauts de l'abat-voix, tandis que le monogramme du Christ dans une nuée rayonnante, occupe toute la surface du dorsal.
Le confessionnal, comme la chaire, serait l'œuvre de Jean Martesteck. Il ressemble en effet beaucoup à l'ancien confessionnal de Gros-Réderching, attribué au menuisier. Il daterait lui aussi du deuxième quart du XVIIIe siècle et représente un angelot ainsi que des figures ornementatives, telles que fleurons, perles et volutes. Les stalles datent de la même époque et reprennent les mêmes motifs ornementatifs. Les vitraux sont de la maison Ott de Strasbourg et datent du XXe siècle. La paroisse possède également deux bannières de procession tout à fait remarquables, datant du XIXe siècle. La première, en velours, représente le Sacré-Coeur, entouré de fleur de lys, de roses et de volutes. La seconde, en satin moiré et brodé quant à elle, figure l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, à qui est dédié l'église, ainsi que des fleurs.
Un orgue, œuvre de l'atelier Haerpfer-Erman, est installé en 1958. L'instrument possède deux claviers de cinquante-six notes, un pédalier de trente notes et des transmissions électro-pneumatiques.
Orfèvrerie
L'église conserve un ciboire en argent doré, formé d'un pied circulaire dont la large bordure en cavet porte un décor repoussé à motifs végétaux, et portant le poinçon de Charles-Nicolas Le Poire, reçu maître-orfèvre à Bitche en 1759. Le nœud piriforme, entre deux collerettes, estorné de palmettes et de feuilles d'eau ciselées, présentes aussi sur le couvercle à la curieuse forme conique. Comme le ciboire de Weidesheim conservé à Kalhausen, attribué au même orfèvre, cette pièce accuse un grand retard, tant bien dans la forme que dans le décor.
Cimetière
Dans le cimetière entourant l'église, à droite de la tour-clocher, se trouve une croix de cimetière remarquable. Elle est élevée en 1819, date indiquée sur le fût-stèle, et restaurée en 1866, comme l'indique le socle. En grès des Vosges, elle représente un Christ en croix, la Sainte Famille et un ange. Les tombeaux des familles Hauck et Müller, érigés vers 1875, sont également très intéressants.