Église St. Rémi de Schorbach

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Le village de Schorbach se situe à la limite des pays couvert et découvert et à quelques kilomètres seulement au nord-ouest de la ville de Bitche. Adoptant un plan inorganisé, le village occupe les versants d'un vallon très encaissé arrosé par le Schorbach, affluent de la Horn. Le patrimoine religieux du village est très riche, pLe chevet de l'église St. Rémi.uisqu'il possède le célèbre ossuaire du XIIe siècle, ainsi que l'église St. Rémi consacrée à la même époque, le presbytère, une grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes, une quinzaine de croix de chemin et de calvaires parsemant le ban communal et trois chapelles, disséminées autour du village.

Histoire
L'église de Schorbach est une très ancienne paroisse, relevant jusqu'en 1802 de l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui en proche Allemagne, date où la paroisse est intégrée au nouvel archiprêtré de Bitche. Il s'agit de la première, et jusqu'à la Révolution française, de l'unique paroisse de la région de Bitche, ne relevant pas de la puissante abbaye cistercienne de Sturzelbronn. 

Le fondateur de l'église, qui n'est pas nommé, jouit à cette époque du droit de patronage, c'est à dire le droit de nommer le curé. Il s'agit peut-être du comte Berthold d'Eberstein, dans le pays de Bade, dont le fils EberharUn mur de l'église.d III cède en 1200 son droit de patronage à l'abbaye de Sturzelbronn. L'abbaye de Gräfinthal, au nord de Frauenberg et fondée en 1243, possède un partie de ce patronage qu'elle cède de même en 1313. Agnès d'Eberstein, petite-fille d'Eberhard III, épouse vers 1239 Henri II de Zweibrücken-Bitche. En 1268, les deux époux abandonnent encore les dîmes de Schorbach à l'abbaye de Sturzelbronn.

La paroisse est incorporée dès 1314 à l'abbaye de Sturzelbronn par Mgr Renaud de Bar, évêque de Metz. Elle comprend alors les annexes de Lengelsheim, Hanviller, Haspelschiedt, Reyersviller et les deux villages de Kaltenhausen et de Rohr qui forment au XVIIe siècle la ville de Bitche, ainsi que les deux villages datant des XVIe siècle et XVIIe siècle, Eguelshardt et Mouterhouse. Au XVIIe siècle, quanLa tour-clocher, datant du XIIe siècle.d les villages dévastés par la guerre de Trente Ans viennent repeupler lentement la région, le curé de Schorbach vient s'établir et résider dans la nouvelle ville de Bitche, où se trouve une garnison et où les travaux de fortification attirent des ouvriers en grand nombre.


Édifice

Dédiée à St. Rémi, avec sa tour quadrangulaire datant du XIIe siècle et sa nef de style gothique, l'église est juchée en haut d'un promontoire de grès encore appelé butte des Païens, sur une terasse soutenue par un haut mur apareillé. L'église est consacrée en 1143 par le légat pontifical Theotwin, cardinal de Sainte-Ruffine, comme en témoigne le tympan scellé dans le mur est de l'édifice. À cette époque, Schorbach étant la paroisse-mère de toute la région de Bitche, les fidèles des alentours s'y rendent à l'occasion desLe village de Schorbach et l'église St. Rémi sous le givre. fêtes religieuses ou pour enterrer leurs défunts. L'édifice est reconstruit en 1774.


Mobilier

Haut-relief

Un ancien retable d'autel en calcaire provient sans doute de l'ancienne église et a été déplacé lors de la reconstruction de l'édifice. Avant la seconde guerre mondiale, les trois parties du retable étaient remployéeLa partie centrale du retable en 1930, remployée dans la façade du presbytère, au-dessus de la porte.s dans les façades du presbytère, la partie centrale se trouvant au-dessus de la porte d'entrée. Pendant la guerre, les œuvres d'art des communes évacuées afin de servir d'extension au camp militaire de Bitche, dont Schorbach, sont entreposées au musée et aux archives de Sarreguemines. Après le conflit, à l'initiative de l'abbé Schwartz, les éléments du retable sont regroupés et scellés dans le mur Sud de la tour, sous le porche.

Bien que mutilé, il est très intéressant en raison de sa précocité, puisqu'il semble dater du début du XIVe siècle, de sa forme, aux angles supérieurs abattus, et de sa composition, sans arcatures. Il s'agit d'un retable de forme rectangulaire, formé de trois travées à fond plat délimitées par des piliers amortis par des pinacles, avec des personnages sculptés en haut-relief, regroupés par deux ou trois. On reconaît à gauche, sans toutefois les identifier avec précision, un évêque quLe retable, remployé dans le mur Sud de la tour, sous le clocher.i pourrait être St. Rémi, patron de la paroisse, et une femme en prière, peut-être Sainte Marie-Madeleine.

Statues

L'église contient plusieurs statues. Le Christ en Croix occupe le mur Sud de la nef et une statue du Sacré-Cœur trône dans le chœur, au dessus du maître-autel. Les autels latéraux sont surmontés des statues de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge et de St. Joseph, respectivement à gauche et à droite. Sous la tour-clocher, un groupe sculpté représente la Vierge de Pitié.La chaire à prêcher.

Chaire à prêcher

Une chaire à prêcher, en bois peint, doré et argenté, est installée contre le mur Sud de la nef. Il s'agit de l'ancienne chaire de l'église paroissiale de Bitche, agrandie de 1773 à 1775. A cette occasion, la fabrique de Bitche fait refaire tout le mobilier de l'église et revend l'ancien. La chaire est ainsi vendue à la communauté de Schorbach, en 1774 ou 1775, pour la somme de 900 livres argent, au cours de Bitche. Elle est à comparer avec la chaire de Roppeviller et l'ancienne chaire de Gros-Réderching, qui, toutes les deux, sont ausi placées dans une boiserie.

L'iconographie choisie représente les Saints Evangélistes sur les panneaux de la cuve, une grappe de raisin sur la cuve, la figure du Bon Pasteur sur le dorsal, une colombe sur une nuée rayonnante et un ange jouant de la trompette sur l'abat-voix, ainsi qu'unL'autel latéral droit en 1945. décor floral L'autel latéral gauche en 1945.de rocaille sur la rampe.

Autels

L'origine des autels latéraux, dédiés à l'Immaculée Conception et à St. Joseph, n'est pas clairement établie : ils pourraient être réalisés pour la nouvelle église de Schorbach, ou bien être rachetés, comme la chaire à prêcher, à une autre église, la paroisse de Bitche peut-être. Se situant de chaque côté de l'arc triomphal, les autels secondaires sont abîmés durant la seconde guerre mondiale et les retables sont supprimés, subsistent seulement les tombeaux. En bois peint et doré, ils présentaient un décor de réticulé à fleurettes sur le fronton des retables.Le maître-autel et le tabernacle en 1945.

Le maître-autel est peut-être celui de l'ancienne église Sainte-Catherine de Bitche, mais les comptes de la fabrique de Bitche ne mentionnent que la vente de la chaire à prêcher à la communauté de Schorbach, sans parler du maître-autel. D'après Touba, l'ancien autel de Bitche était dédié à la Sainte Mère de Dieu ; la sainte couronnée tenant un sceptre dans la main, sur le devant du maître-autel de Schorbach, est peut-être la Sainte Vierge, ce qui viendrait confirmer cette hypothèse. L'autel aujourd'hui en place est fort différent de celui qui s'y trouvait avant-guerre : il a perdu son emmarchement, la niche d'exposition placée au-dessus du tabernacle et le dais surmontant autrefois l'ensemble. Cela explique d'ailleurs les disproportions qui existent entre le tombeau, trop grand et trop massif, et le tabernacle. En bois peint, doré et argenté, le devant d'autel représente sans doute la Très Sainte Vierge, ainsi quLes fonts baptismaux.e des volutes feuillagées, des décors d'entrelacs et des cornes d'abondance d'où s'échappent des fleurs ; le tabernacle figure quant à lui l'Agneau de l'Apocalypse aux sept sceaux dans une nuée rayonnante, ainsi que des têtes d'angelots ailées.

Bas-relief

Un bas-relief en bois peint, suspendu au mur gauche de l'entrée, provient sans doute des anciens fonts baptismaux avant la seconde guerre mondiale. Datant sans doute du quatrième quart du XVIIIe siècle, il représente St. Jean-Baptiste baptisant Notre-Seigneur, tandis que la colombe du St. Esprit émerge de la nuée.

Fonts baptismauxLe nouvel autel.

Les fonts baptismaux, en grès sculpté, sont datés 1923. Situés devant l'autel latéral de St. Joseph, ils figurent diverses représentations iconographiques telles que la Croix, l'alpha et l'oméga, le chrisme et la main de Dieu.

Lambris

Des lambris en bois peint, occupant tout le pourtour du chœur, sont sans doute installés peu après 1774, date de la reconstruction de l'église. Restaurés en même temps que l'église après la dernière guerre, ils représentent les chutes d'instruments de la Passion du Christ, mêlés à deUne croix monumentale dans le cimetière.s palmes et à des branches de laurier (le tombeau ouvert, des lances et une éponge, la Sainte-Tunique, des dés, un marteau et une paire de tenailles, un pic et une bêche, la couronne d'épines, ainsi qu'un calice et une hostie rayonnante).

Vitraux

Un ensemble de verrières est réalisé par la maison Ott frères de Strasbourg. Les vitraux du chœur figurent la Sainte-Cène et la Crucifixion de Notre-Seigneur. Ceux de la nef, sur fond à décor géométrique, représentent au Sud St. Léon IX, le Bon Semeur, les pélerins d'Emmaüs, ainsi que le riche et Lazare ; au Nord, on retrouve St. Rémi, patron de la paroisse, le Bon Pasteur, les ouvriers de la vigne et le Pharisien.Une croix adossée au chevet de l'église.

Orgue

Un orgue, œuvre de Jean-Georges Koenig, est installé en 1964. L'instrument possède deux claviers de cinquante-six notes et un pédalier de trente notes, ainsi que des transmissions électro-pneumatiques. En contrebas du chevet, une croix monumentale datée 1737, regroupe sur le fût la Sainte Vierge et St. Jean, St. Wendelin et St. Sébastien.


Orfèvrerie

Sobre dans ses formes et pauvre dans le matériau, un ostensoir en laiton doré daté du XVIIIe siècle est conservé dans la sacristie. Une haute tige à nœud piriforme posée sur un pied circulaire supporte une lunette avec à l'intérieur un croissant eucharistique destiné à présenter la Sainte Hostie. L'église possède aussi un calice en laiton et argent dorés de A. Laroche, de Strasbourg, datant de la première moitié du XIXe siècle et un calice en argent de J.-G. Pick, reçu maître-orfèvre à Strasbourg en 1739, avec coupe remplacée au milieu du XIXe siècle. Un calice en verre soufflé gravé, datant du XVIIIe siècle, est très probablement l'œuvre d'une verrerie du Bitscherland. Dans un état de conservation excellent, il figure le monogramme de Notre-Seigneur, IHS, ainsi qu'un symbole crucifère.


Cimetière


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