Église St. Marc de Siersthal

 

Se succédant le long de la Schwalb, le village de Siersthal et ses écarts Frohmühl et Holbach sont situés en pays couvert, dans la zone où la forêt est largement trouée par les essartages, seul le hameau du Légeret se situant sur le L'église St. Marc au centre du village de Siersthal.plateau. Le confluent de la Schwalbbach et du Schwangerbach a favorisé l'implantation du village, aujourd'hui niché au cœur des forêts qui ont envahi les versants. Le patrimoine religieux du village est très riche, puisqu'il possède la magnifique église St. Marc, érigée au XVIIIe siècle à flanc de coteau et possédant un mobilier baroque exceptionnel, la chapelle de la Très Sainte-Trinité de Frohmühl, datant du XVIIe siècle, ainsi que le sanctuaire marial dominant le village de Holbach depuis 1946, sans oublier les nombreux calvaires et croix de chemin parsemant le ban communal et le rocher de la Bild. En ce qui concerne le patrimoine militaire, le hameau du Légeret a la part belle car il doit son nom au responsable de la fortification de la cité bitchoise, rôle qu'il étoffera encore lors de la construction à ses pieds de l'imposanVue intérieure de l'édifice.t ouvrage du Simserhof, fort invincible de la ligne Maginot.


Histoire

Du point de vue spirituel, le village de Siersthal est tout d'abord paroisse de l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui en proche Allemagne, avec quatre succursales. Lors de la réforme des circonscriptions ecclésiastiques, en 1802, le village passe dans le nouvel archiprêtré de Rohrbach, calque sur le canton, avec ses annexes de Fromühl et de Holbach. Le petit village voisin de Lambach est annexe de la paroisse jusqu'en 1907, date de son érection eUne statue de la Vierge à l'Enfant.n paroisse autonome du même archiprêtré.

C'est à Siersthal, tout près de l'église, que dans les années 1770, le Père Dominique Lacombe, ami du Père Jean-Marie Moÿe, fonde une école de formation pour les religieuses enseignantes de la Providence de St. Jean-de-Bassel. A deux kilomètres de là, sur le Wasenberg dominant Holbach, la chapelle Notre-Dame-de-Fatima, constitue encore de nos jours un haut-lieu spirituel du Bitscherland, but d'un important pèlerinage marial.


Édifice

Construite à flanc de coteau, l'église SL'intérieur de l'église, vers la tribune.t. Marc est réédifiée à deux reprises. Le début de la première construction doit se situer au début des années 1700. Le 4 décembre 1701, une doléance mentionne la nécessité de reconstruire l'église tombée en ruines ; les charpentiers du chantier ne sont payés qu'en 1704. La construction est réalisée par des artisans tyroliens installés dans le pays de Bitche, Pierre Burtscher, maître maçon et Nicolas Geisler, maître charpentier. L'ancienne église, ruinée par les guerres dévastatrices, était devenue trop petite. Les maîtres d'ouvrage sont Christophe Dosch, Hans Wolff et Henrich Müller.

A nouveau trop petite, l'église est reconstruite une seconde fois dans les années 1730 aux frais du duc François III de Lorraine, collateur de la paroisse. La tour-clocher, à la charge des paroissiens, est ajoutée en 1753 seulement. La construction est terminée en 1734, date portée par une pierre replacée à la fin du XIXe siècle dans la tour clocher. 

Il s'agit d'un édifice en grès, moellon, enduit et pierre de taille, de plan allongé à vaisseau unique. De type église-grange avec chœur polygonal et fausse voûte d'ogives, sa tour-clocher est hors-œuvre en façade. Le toit est à longs pans, avec croupe et flèche polygonale, couvert de tuiles plates et d'ardoise. Une grande statue en grès rose de St. Marc, patron de la paroisse, est installée dans une niche creusée dans le mur gauche de la nef, surplombant la place du village.

Vitrail du chœur représentant St. Pierre.Vitrail du chœur représentant St. Marc.


Mobilier

Le style baroque de l'église, le maître-autel richement décoré, l'orgue, le lustre et le plafond offrent une grande beauté au regard. L'église de Siersthal possède une grande collection de sculptures en bois. Le chœur, bien éclairé, comporte des frises murales. La nef et le chœur sont mis au goût du jour dans la dernière décennie du XIXe siècle, comme à l'église de Rohrbach-lès-Bitche, avec décor de fausses voûtes et de stucs, par les plâtriers Weisdorff, de St. Avold et Bauer, de Bouzonville, sur des plans de Jacquemin, architeUne pièta située devant le confessionnal, sous la tribune.cte à Metz. Les stucs de la nef sont restaurés vers 1960 par Nicolas Killian. Le clocher comporte quatre cloches dont un bourdon, indiquant les temps forts de la vie aux villageois. Une nouvelle porte en chêne massif est installée en l'an 2000.

Elevé en 1741, selon la date portée par les ailes du tabernacle tournant, le maître-autel est augmenté et embelli en 1902 par les ateliers de menuiserie d'art Helbrich, de Haguenau ; le tabernacle est agrandi, deux médaillons sulptés sont ajoutés, l'un représentant St. Pierre Fourier, canonisé en 1897, l'autre le bienheureux Augustin Schoeffler, originaire de Mittelbronn en Moselle, assassiné en 1851 au Tonkin et béatifié en 1900 ; enfin unStatue en bois de St. Marc située sur le mur droit de la nef.e niche d'exposition est placée au-desus du tabernacle, encadrée par des anges adorateurs. Cet enrichissement est réalisé sous le curé Hennenfent qui, à la fin du XIXe siècle, a déjà fait ajouter le décor stuqué de l'intérieur de l'église.

Les autels latéraux avec retables sont dédiés à la Très Sainte Vierge Marie et à St. Joseph, respectivement à gauche et à droite. Le magnifique chemin de croix se compose de deux frises figurant chacune sept des quatorze stations, sur les murs gauche et droite de la nef.

Un orgue, œuvre de l'atelier Haerpfer-Erman, est installé en 1958. Remployant le buffet de 1900, fabriqué par Franz Staudt de Puttelange, l'instrument possède deux claviers de cinquante-six notes et un pédalier de trente notes, ainsi que des transmissions électro-pneumatiques pour les notes et électriques pour les jeux. La nef depuis la tribune.


Ossuaire

Un ossuaire se situe en sous-sol, sous la sacristie, construit comme celle-ci au début des années 1730. Placée à l'intérieur jusqu'en 1972, année où elle est volée, la statue de la Vierge à l'Enfant, appelée localement Notre-Dame de l'Ossuaire, était très vénérée à Siersthal, où on l'invoquait plus particulièrement pour le repos des âmes du Purgatoire. En bois polychrome, datant probablement du XVIIe siècle, elle avait le buste penché vers l'avant et présentait son Enfant aux fidèles venus implorer son secours.Le tombeau du frère Adam Finck, décédé en 1778.


Entourage de l'église

Un tombeau est élevé dans l'ancien cimetière du village, aux alentours de l'église, pour le dernier ermite de la chapelle Sainte-Vérène d'Enchenberg, le frère Adam Finck, décédé en 1778. Galbé en élévation, comme le fût de nombreuses croix de chemin, il représente le religieux agenouillé, récitant son chapelet et méditant devant un Crucifix et une tête de mort. Dans les années qui ont suivi le décès du frère Finck, ce tombeau a fait l'objet d'une grande vénération de la part des habitants de la région, venant l'invoquer contre la fièvre. A droite de l'église, une imposante grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes est édifiée, à proximité d'une croix de chemin.


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