L'église du village de St. Louis, surplombant toute la vallée et le village, est sans aucun doute un des plus beaux exemples d'architecture en grès des Vosges, dédiée au bon roi de France Louis IX.
Histoire
Du point de vue spirituel, le village est succursale de la paroisse de Soucht avec un vicaire résident depuis 1774. En 1802, le village de St. Louis devient annexe de la paroisse de Lemberg, et ce jusqu'en 1846, date de son érection en paroisse indépendante de l'archiprêtré de Bitche.
Édifice
Une première chapelle des verriers, bénie le 25 août 1776, est érigée en cure en 1846. Elle devient malheureusement trop petite, malgré les agrandissements entrepris entre 1859 et 1862 par Jacquemin, architecte à M
etz. Le développement de la cristallerie et l'accroissement de la population entraînent donc de 1897 à 1902 la construction d'une nouvelle église paroissiale. Elle se situe à l'écart de l'agglomération, tout l'espace au fond de la vallée qu'elle surplombe étant réservé à l'usine et aux logements des ouvriers.
Le nouvel édifice est un somptueux pastiche de l'art roman, dû à l'architecte Charles Winkler, conservateur des Monuments historiques d'Alsace, et élevé grâce à l'aide financière de la famille du Coëtlosquet, riche propriétaire de l'usine à cette époque. L'église est construite en pierre de taille de grès rose et couverte de tuiles à glaçure plombifère formant un décor
de chevrons. Dédiée à St. Louis et de type basilical, elle possède une haute tour de plan polygonal placée à la croisée du transept et coiffée d'une coupole en lancette de même plan.
Traduisant le parti à trois vaisseaux de la nef, la façade occidentale de l'église puise ses références stylistiques dans l'art roman rhénan, avec ses trois niveaux d'élévation délimités par des cordons et son décor de bandes lombardes et d'arcatures. Le portail, à la profonde embrasure, est le morceau de choix de la façade. La voussure est envahie par des animaux fantastisques mêlés à des entrelacs sculptés en bas relief, tandis que le centre du tympan est occupé par un Christ en majesté dans une mandorle. Au second niveau, une suite de cinq arcatures, abritant les statues du Christ et des anges, rappelle la galerie des rois des cathédrales. En revanche, les statues de St. François d'Assise et de St. Antoine de Padoue, placées dans les niches aménagées dans les contreforts, témoignent de dévotions particulièrement répandues dans le Pays de Bitche.
Mobilier
Les fonts baptismaux sont l'un des éléments du mobilier conçu dans le même style que l'architecture, selon un programme d'ensemble comprenant le ciborium, les autels, la chaire et les confessionnaux. Ils s'inspirent très largement, avec cependant quelques libertés stylistiques, des fonts romans de l'ancienne chapelle castrale de Mousson, en Meurthe-et-Moselle, détruite avec tout son mobilier en 1944. De plan quadrilobé, rythmés par des colonnettes, ils sont sculptés dans le calcaire et représentent des scènes de la vie de St. Jean-Baptiste. Sur une des faces figure à la fois le baptême du Christ et la représentation verticale de la Sainte Trinité. Les chapiteaux néoromans de la nef commandés au sculpteur colmarien Klem, comme l'ensemble de la sculpture, évoquent les différents épisodes de la vie de St. Louis, le patron de la paroisse. L'un d'eux représente le départ pour la croisade sous un décor d'entrelacs.
La chaire à prêcher, toujours dans le même style, est taillée dans le calcaire. Elle figure le Christ enseignant, les Saints Evangélistes - accompagnés de leurs attributs animaliers -, ainsi que le Tétramorphe. L'autel latéral, dédié à la Sainte Vierge, est lui aussi remarquable, de même qu'une statue de St. Sigisbert, en plâtre polychrome, datant de la fin du XIXe siècle, et le confessionnal, en bois taillé. Les vitraux de la magnifique église sont également remarquables. Préservés lors de la Seconde Guerre mondiale, ceux-ci sont l'oeuvre de l'atelier Ott Frères, de Strasbourg, et datent de l'époque de la construction. Ils représentent entre autres Sainte Marguerite, Sainte Cécile, St. Eugène, St. Antoine et St. Jules, ainsi que les figures bibliques de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge, de St. Pierre et de St. Paul.
Un grand orgue, œuvre de l'atelier Verschneider, est installé en 1876. Rénové par Frédéric Haerpfer en 1925, Jean-Georges Koenig en 1970, ainsi qu'Yves Koenig en 1997, l'instrument possède deux claviers de conquante-six notes et un pédalier de trente notes, ainsi que des transmissions électro-pneumatiques
, installées en 1970. Un orgue de chœur, fabriqué par Mutin en 1906 et restauré par Koenig en 1999, possède un clavier de cinquante-six notes et un pédalier de dix-huit notes, ainsi que des transmissions mécaniques.
Cimetière
Le cimetière renferme deux tombeaux particulièrement intéressants. Le premier est celui de la famille Lortz, datant du quatrième quart du XIXe siècle. Elevé par Demmerlé, sculpteur à Hoelling, ce monument en calcaire représente St. Antoine de Padoue. Le second tombeau est celui de la famille Nadler, datant de la même époque. Il s'agit sans doute d'une oeuvre du sculpteur Piodi, installé à Plantières, près de Metz, qui a représenté le Christ, le Sacré-Coeur, ainsi qu'une couronne de fleurs et un voile.