Vestiges des fortifications de Bitche

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La Porte de Strasbourg (en allemand Straßburger Thor) se situe en plein cœur de la ville de Bitche. Elle constitue un des seuls vestiges des importantes fortificatiLa porte de Strasbourg.ons qui comprenaient autrefois quatre portes, encerlant totalement la place-forte.


Fortifications

Jusqu’à la guerre de Trente Ans, la ville de Bitche n'est constituée que de deux bourgs, l'un (quartier de la mairie) du nom de Kaltenhausen et l'autre, (quartier de l'abattoir) du nom de Rohr. La population de l'ensemble est de 198 habitants en 1595. Ces deux bourgs sont entourés d'un mur La porte de Strasbourg vue de la ville.d'enceinte, donnant passage aux piétons et aux attelages grâce à deux portes. Mentionné au XVIe siècle comme une palissade, ce mur est construit en 1563 par le comte de Bitche-Zweibrücken. Le 6 septembre 1633, les Suédois détruisent et incendient les deux bourgs de Kaltenhausen et Rohr et le maréchal d'Humières, sur les ordres de Richelieu, assiège et occupe la place en 1634.

Durant l'hiver 1673-1674, Turenne prend ses quartiers d'hiver dans le Palatinat et vient visiter Bitche. Impressionné par l'importance stratégiLes fortifications de la ville, avant 1914.que du site, il finit par convaincre Louis XIV de fortifier ce point et en 1679, le roi charge Vauban de ce travail. La ville entourée d'un mur par le maréchal d’Humières. Les travaux ont lieu de 1683 à 1697 et coûtent à la France 2 500 000 livres d'or, une somme énorme pour l'époque. Par des traités de paix successifs, Bitche change de mains et ses fortifications sont détruites et reconstruites à plusieurs reprises. La population de la ville augmente peu à peu pour atteindre 400 habitants en 1626.

Le traité de Ryswick restitue la Lorraine au duc Léopold, empereur du Saint-Empire en 1697, stipulant que la place de Bitche sera rasée,La porte de Strasbourg vue depuis la gare. la citadelle est donc démantelée en 1698. Les nouvelles fortifications doivent être rasées et un régiment originaire des Flandres se charge de cette besogne de l'automne 1697 à l'été 1698. En 1701 éclate la guerre de Succession d'Espagne et, une nouvelle fois, une garnison française vient occuper Bitche. Les soldats s'efforcent aussitôt de reconstruire les fortifications construites par Vauban et rasées peu de temps avant.

En 1735 et 1736 sont signés des accords spécifiant que le duc de Lorraine François Stéphane renonce aux duchés de Bar et de Lorraine au profit du roi de Pologne en exil Stanislas Leszczyński, dont la fille a épousé le roi de France Louis XV. Le roi déchu vient donc s'installer à Lunéville et prend le titre de duc de Lorraine. En 1738, Louis XV autorise à reconstruire la place forte de Bitche, intégrée au système défensif des frontières françaises, sous la direction du maréchal de Bournay. La nouvelle enceinte est composée de 6822 pièces et dure pratiquement jusqu'en 1788.

Quand le maréchal meurt en 1740, il est remplacé par un homme providentiel pour la ville de Bitche, le comte de Bombelles. Celui-ci se met à l'ouvrage dès 1741 et lorsqu'en 1744, les mercenaires guerroLa porte de Phalsbourg avant sa destruction en 1891.yant pour l'Autriche s'approchent de Bitche, il sont repoussés. Les travaux de fortification durent jusqu'en 1765, comme l'indique la plaque que Louis XV fait poser à l'entrée de la citadelle. Le tracé de Vauban est respecté et renforcé par d'autres ouvrages. L'année 1743 voit la construction de quatre barrières.

Par ordonnance ministérielle de la guerre du mois d'octobre 1788, l'enceinte de palissade est remplacée par un mur terminé en 1795 et qui coûte la somme de 57 202 francs, s'étendant du glacis de la citadelle jusqu'au Stadtweiher, avant d'être agrandie de 1844 à 1852. Il faut remLa porte de Strasbourg et la citadelle.onter à l'année 1844 où le général Schneider, originaire de la région, ministre de la guerre du 12 mai 1839 au 1er mars 1840, parvient à faire imposer la fortification de la ville. Une ordonnance ministérielle en date du 28 juin 1844 ordonne ces fortifications qui sont achevées en 1852. La ville ayant attiré un nombre de plus en plus grand d'ouvriers, d'artisans et de commerçants, voit passer sa population de 2 200 habitants en 1770 à 3 411 en 1850, ce qui amène les constructeurs de fortifications à reporter les portes au-delà des anciennes barrières.

Un décret ministériel du 28 février 1850 élève la ville aux rang de place-forte de première classe avant la fin des travaux en 1857. ApL'ancien corps de garde, situé rue Kieffer jusqu'en 1984, date de sa destruction lors de l'aménagement du parc du Stadtweiher.rès la guerre franco-allemande de 1870, la place forte de Bitche, loin de la frontière, n'a plus de valeur stratégique. Ses fortifications n'étant plus adaptées au progrès de l'artillerie à canon rayé, le fort est déclassé par les Allemands en 1880 et les fortifications sont partiellement démolie par les Allemands de 1872 à 1914.

À l'été 1984 sont mis au jour et rebouchés les vestiges d'un bastion situé rue du Général de Gaulle, à l'occasion de l'aménagement du jardin du Stadtweiher comme en 1957 ont déjà été mis au jour les fondations de deux murs de l'enceinte de 1844, coupant le chemin des moulins.


Portes

L'enceinte construite par les ducs de BitcLa porte de Strasbourg et la rue de la gare.he-Zweibrücken est percée de deux portes. La première, dite Oberpfort (porte supérieure), est la porte de Strasbourg tandis que l'autre, Unterpfort (porte inférieure), est celle de Sturzelbronn.  On parle de quatre portes en 1662, à savoir la Hinter Thor (porte de derrière), la Vorder Thor (porte de devant), Ober Thor (porte dite de Strasbourg) et Unter Thor (porte de Sturzelbronn).

Ces portes sont gardées par des gardiens (Wachtmeister) chargés de les surveiller, de les ouvLa porte de Sarreguemines.rir le matin et de les fermer le soir. À certaines époques, la municipalité se charge de salarier le gardien. Chaque citoyen doit lui livrer annuellement un Sester de grain. De même, chaque voiture ou charrette amenant du bois doit lui fournir un Porstang. Durant la fenaison, il a le droit d'arracher à chaque voiture trois, et à chaque charrette, deux poignées de foin. De plus, le berger doit lui garder gratuitement deux têtes de bétail et deux porcs. La reconstruction de l'enceinte étant autorisée par Louis XIV en 1738, quatres barrières sortent de terre en 1743. 

Un plan de la ville de Bitche, daté de 1753, se trouvant au musée de la citadelle indique l'emplacement exact desdites barrières :

  • la barrière de Strasbourg, qui se situe à l'emplacement actuel de la même porte, La porte de Strasbourg.
  • la barrière de Sarreguemines et de Phalsbourg, située à la hauteur de cinéma Central
  • la barrière de la Roche-Percée, située à la hauteur de l'abattoir,
  • la barrière de Landau, située entre le bâtiment Rocca et les établissements Lamy.

Ces barrières ne sont que de simples constructions de bois et de fer. Les mémoires des fortifications de Bitche portant la date du 1er janvier 1758 disent : « Les barrières construites en 1743 aux entrées de la ville basse, étant tombées en vétusLa Porte de Strasbourg avant 1945.té, on en fait mettre les vieux fers aux magasins, ainsi que les bois qui en sont provenus. On n'en propose pas le rétablissement, attendu qu'elles deviennent inutiles. La nouvelle enceinte projetée dans le pourtour de cette ville basse n'étant point encore décidée, conséquemment, les entrées des portes ne sont point indiquées ».

En 1786, les portes sont pourvues de quatre corps de garde, d'une longueur de 6 mètres 80 et d'une largeur de 5 mètres 50, avec une superficie au rez-de-chaussée de 37,40 m², semblableLa porte de Strasbourg et l'église catholique.s en construction et en contenance, faits pour douze hommes, selon le tableau militaire de Strasbourg, dressé en juillet et août 1819.

Un autre tableau du ministère de la Guerre daté du 17 décembre 1833 concernant les propriétés immobilières appartenant à l'État qui sont affectés à un service public quelconque dans la place de Bitche, nous dit que chaque corps de garde comprend un petit grenier, avec une superficie bâtie pour l’ensemble de 192 m², pour une valeur approximative en capital de 4 800 francs. 
La Porte de Strasbourg avant 1945.
Ce document nous indique que l'enceinte est construite en 1786 aux frais de la ville pour le département de la guerre sur les plans et sous la direction du génie militaire, qu'elle appartient au département de la guerre depuis sa construction, et ce jusqu'au 8 avril 1811. Remis à cette époque à la ville par décret du 23 février 1811, elle est occupée à nouveau et entretenue par le département de la guerre depuis 1814, sans acte de reprise. Un état de la direction de Sarrelouis du Corps Royal de Génie pour la place de Bitche en date du 15 novembre 1814 porte commLa Porte de Strasbourg avant la seconde guerre mondiale.e observation : « la force de service au 15 juillet 1791 est composée comme suit :

  • Barrière de Strasbourg : 4 hommes, 1 Caporal, 3 Fusiliers
  • Barrière de Sarreguemines : 10 hommes, 1 Sergent, 1 Caporal, 8 Fusiliers
  • Barrière de la Roche Percée : 6 hommes, 1 Caporal, 5 Fusiliers
  • Barrière de Landau : 12 hommes, 1 Sergent, 1 Caporal, 10 Fusiliers ».

Ces chiffres nous donnent certainement Les vestiges de l'enceinte urbaine en 1902, vus depuis le sud-ouest.l'importance desdites barrières. De 1854 à 1852, des travaux d'agrandissement des fortifications sont entrepris. La porte de Strasbourg est l'unique porte à ne pas changer d'emplacement. La barrière dite de Sarreguemines et de Phalsbourg éclate en deux. L'une appelée porte de Phalsbourg est repoussée jusqu’à la chapelle de l'Étang et l'autre dite de Sarreguemines se trouve à la hauteur de la poste. Celle de Landau, elle aussi est reportée à la hauteur de l'actuel tabac Hoellinger.

La guerre de 1870 a malmené les portes de Bitche et la mise en service de l'artillerie rayée, à plus longue portée, à précision plus grande, àLa Porte de Strasbourg avant la dernièer guerre. effets plus puissants, modifie les conditions de la lutte, au grand détriment de la valeur du fort. C’est ainsi qu'à partir de 1872, les portes sont condamnées à la pique des démolisseurs qui ne laissent debout que quelques pans de mur et une seule porte, celle de Strasbourg, qui existe encore à ce jour mais se voit contournée par la circulation de plus en plus dense. Les trois autres ont disparues, celle de Sarreguemines en 1889, celle de Lemberg en 1891 et celle de Landau en 1900.

La porte de Strasbourg est classée monument historique depuis 1930.


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