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L'habitat rural est celui qui a le plus souffert de la seconde guerre mondiale. De nombreuses photographies sont là pour témoigner de villages dévastés par les tirs d'artillerie, de toitures béantes, de façades lézardées et criblées d'impacts. Pourtant, bien des demeures auraient pu être restaurées, mais les dommages de guerre ont encouragé la reconstruction, entraînant une uniformisation et un appauvrissement de l'habitat. En revanche, l'allure générale des villages, l'implantation et le volume des maisons ont été conservés, contrairement aux villages de la Lorraine de l'intérieur. C'est le canton de Volmunster qui a connu le plus grand taux de destruction, alors que celui de Rohrbach reste le mieux préservé.
Habitat rural
Maisons et fermes sont construites le plus souvent parallèlement à la rue, mais les alignements sont interrompus par des décrochements, des groupes d'édifices isolsés sur un ou deux côtés et par des maisons à pignon sur rue. Généralement développées en largeur, les fermes regroupent dans la plupart des cas les fonctions d'habitation et d'exploitation agricole sous un même toit, comme en Lorraine centrale ; mais sur les marges orientales et quand elles sont isolées à l'écart des villages, elles comportent plusieurs bâtiments entourant une cour ou des bâtiments se faisant face sur deux côtés de celle-ci, comme en Alsace. Etayée par les prises de vue faites aussi avant les deux dernières guerres, l'étude sur le terrain a permis de situer la construction des maisons entre la fin du XVIIe siècle et le milieu du XIXe siècle, les dates portées étant nombreuses. La période la plus intense de construction se situe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, ce qui correspond bien à la reconstruction du Pays de Bitche au XVIIIe siècle et à l'essor de la population au siècle suivant.
On trouve associés des édifices construits en moellon de calcaire ou de grès crépi et d'autres juxtposant le pan-de-bois et la pierre. Sans doute abandonné dès le milieu du XIXe siècle, le pan-de-bois, très proche dans sa structure de celui de la proche Alsace, a patriculièrement souffert du temps et des guerres mais surtout de la disparition des savoir-faire, ce qui explique sa faible représentation.
Les élévations sont d'une grande diversité, cette variété étant tributaire de l'importance de la maison. Les plus modestes - celles des ouvriers et des petits propriétaires agricoles - sont limitées à un seul niveau et percées de deux ou trois fenêtres et d'une porte piétonne, souvent précédée d'un escalier. Les plus importantes - celles des laboureurs et, dans la région de Goetzenbruck et de Meisenthal, celles des verriers - comportent quatre à huit travées de baies sur deux ou trois niveaux soulignés par un bandeau. A l'une des extrémités de la façade, une porte charretière en plein cintre, plus rarement à linteau droit, s'ouvre sur la grange. Les murs-pignons, largement percés, présentent une ordonnance.
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