Se succédant le long de la Schwalb, le village de Siersthal (en allemand Sierstal) et ses écarts Frohmühl et Holbach sont situés en pays couvert, dans la zone où la forêt est largement trouée par les essartages. Le confluent de la Schwalbbach et du Schwangerbach a favorisé l'implantation du village, aujourd'h
ui niché au cœur des forêts qui ont envahi les versants. Comme dans le village voisin de Lambach, le paysage a connu au cours des quarante dernières années une profonde mutation, la culture et les prairies ayant laissé la place aux feuillus.
Écarts et lieux-dits
- Frohmühl, écart dans lequel se situe la chapelle de la Très Sainte-Trinité datant probablement du XVIe siècle, est entouré de la forêt du Frohmuehlerwald.
- Berg, der Grosse Vasberg, Fasbacher
wald, Hemelsberg, Herrenwald, Klam, Klumpewald, Pfaffenthal, Sonnenberg, Umbach et Winterberg.
- Holbach, écart dans lequel se dresse la chapelle Notre-Dame-de-Fatima, sur les hauteurs du Wasenberg.
- Le moulin de la Rothmühle, dans la vallée de la Schwalb.
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Le Légeret, hameau partagé avec la commune voisine de Hottviller, doit son nom à l'un des entrepreneurs des fortifications de Bitche en 1771. Des immeubles y sont construits au moment de la mise en place de la
Ligne Maginot, servant en temps de paix de casernement aux troupes d'active, affectées au fort du Simserhof. Fraîchement sortis de terre, ces habitations offraient des bâtiments neufs et confortables.
Histoire
Siersthal est mentionné en 1356 sous la forme Sigersthal, du nom d'homme germanique Sigiher et du substantif Thal, de l'allemand Tal, la vallée. On le retrouve sous Sitelstat, Sigelst
at, Sigestal, Seierstal en 1544, Sigersstal en 1594, Syersdhal en 1681, Siristhall au XVIIIe siècle. Il devient Sirstal en 1751, Sirysthal en 1756, Sirsthal en 1763, Sigestal, Sierstal en 1762, puis Siersthal en 1771, Sierstal lors de la germanisation nazie le 25 janvier 1941 et enfin Siersthal lors de la Libération de 1944.
Au début du XVIe siècle, une verrerie est fondée à Holbach par le comte Jacques de Bitche-Zweibrücken. Abandonnée en 1585, elle est relayée l'année suivante par la verrerie de Münzthal, berceau de la verrerie de St. Louis. Du point de
vue administratif, le village est commune de l'éphémère canton de Lemberg depuis 1790, puis entre dans celui de Rohrbach en 1802.
Cultes
Du point de vue spirituel, Siersthal est paroisse de l'archiprêtré de Hornbach jusqu'en 1802 avec quatre succursales, date à laquelle le village passe dans celui de Rohrbach. Construite à flanc de coteau, l'église St. Marc est réédifiée à deux reprises, au début des années 1700 puis dans les années 1730. C'est aussi à Siersthal, tout près de l'église, que dans les années 1770, le Père Dominique Lacombe, ami du Père Jean-Marie Moÿe, fonde une école de formation pour les religieuses enseignantes de la Providence de St. Jean-de-Bassel. A deux kilom
ètres de là, sur le Wasenberg dominant Holbach, la chapelle Notre-Dame-de-Fatima, constitue encore de nos jours un haut-lieu spirituel du Bitscherland, but d'un important pèlerinage marial.
Lieux et monuments
- L'église paroissiale St. Marc est construite à flanc de coteau dans la première partie du XVIIIe siècle.
- L'ouvrage du Simserhof dans l'écart du Légeret, ensemble majeur de la Ligne Maginot.
- Le sanctuaire marial Notre-Dame-de-Fatima,
dans l'écart de Holbach, est construit a début du XXe siècle.
- La chapelle de la Sainte-Trinité dans l'écart de Frohmühl, datant probablement du XVIIe siècle.
- Les nombreuses croix et calvaires du villages, ainsi que le rocher de la Bild.
Les croix de chemin sont très nombreuses dans le Bitscherland, mais celles qui sont signées sont relativement rares. Dressée en bordure de la rue de la Montagne, une haute croix sculptée dans un seul bloc de grès, datée de 1833, est l'oeuvre du tailleur de pierre Michel Kuss, de Lambach. Le fût galbé et la croix sont soulignés par une torsade mais l'iconographie reste traditionnelle : la Sainte Vierge, St. Jean, le Christ en Croix et la colombe du St. Esprit.
Dans la vallée du Schwangerbach, au bord de la route de Bitche, une belle croix de chemin, bien que très restaurée par le sculpteur Bichler de Hottviller, en 1921, s'impose par sa qualité. Elle est l'oeuvre de Michel Mihm, né à Kircheimbolanden (Rhénanie-Palatinat) e 1749. Ce fils d'un sculpteur de la Cour de Sarrebrück s'est marié en 1771 à Siersthal, où il s'installe et décède en 1806. De la croix élevée en 1775, il ne subsiste plus que le socle galbé et la statue de la Madeleine agenouilée au pied de la croix, vêtue d'un ample manteau bordé de fourrure, essuyant ses larmes. Sur le tertre rocheux, sont posés devant elle des symboles macabres, tels qu'un crâne, un tibia et un serpent enroulé.
Dans la forêt dominant le Schwangerbach, au lieu-dit Bild, un imposant rocher en grès rose représente sous une arcade la Vierge de Pitié sur fond de rayons, le Christ, très longiligne, assis sur ses genoux. La sculpture est réali
sée en 1796 aux frais de Max Meyer, de Siersthal, pour remercier la Très Sainte Vierge d'avoir protégé son bétail menacé d'une épizootie. Depuis 1920, une procession conduit chaque lundi de Pentecôte les pélerins jusqu'au rocher, pour implorer la Sainte Vierge contre les maladies infectieuses du bétail.
Dans la Grande Rue, une ferme datée 1777 sur la porte charretière est une construction mixte à pan-de-bois et pierre. L'exploitation agricole et le logis, exceptionnelement en pan-de-bois, sont regroupés sous le même toit, à la manière des fermes lorraines. Mais c'est le décor, constitué d'une chaise curule et d'un losage barré d'une croix de St. André, regroupé sur le mur-pignon droit et la colone torse sculptée sur le poteau cornier, qui la rattachent à l'architecture alsacienne.