Le petit hameau d'Urbach se situe dans le nord du Pays de Bitche, en plein cœur du pays découvert. Des vestiges de l'ancienne Kö
nigstrasse (route royale), reliant Bouquenom à Deux-Ponts, sont visibles à proximité du village.
Histoire
Une stèle figurant Mercure est découverte sur le ban de l'écart, témoignant de l'ancienneté du site. L'écart est mentionné pour la première fois en 973 sous la forme Urebach, le ruisseau de l'aurochs, puis Urbach en 1297, Uhrbach en 1755, puis Ourbach en 1756 et Urback en 1779. Malgré les bombardements de février et de mars 1944, le
hameau a conservé quelques maisons anciennes et sa chapelle, dédiée à St. Vincent de Paul, construite en 1776. Au XIXe siècle, plusieurs tailleurs de pierre, sculpteurs de croix de chemin élevées dans les environs, étaient établis à Urbach, en particulier Nicolas Schmitt et Louis-Pierre Huth. Du point de vue administratif, l'écart est une annexe d'Epping depuis 1811, dans le canton de Volmunster.
Cultes
Du point de vue spirituel, l'écart constitue une tout d'abord une annexe de la vaste et ancienne paroisse de Volmunster, dans l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui en proche Allemagne. Il est rattaché en 1802 à la nouvelle paroisse d'Epping, désormais dans l'archiprêtré de Volmunster.
La chapelle, dédiée à St. Vincent de Paul, est construite en 1776 en raison de l'éloignement de l'église-mère. Elle abrite au fond du chœur un retable provenant peut-être de l'ancie
nne chapelle d'Epping construite en 1736, et attribué au sculpteur Jean Martersteck, de Wœlfling-lès-Sarreguemines. Replacé sur des supports en pierre, il est formé de trois travées à niches rythmées par des colonnes et des pilastres, accostées d'ailerons au riche décor feuillagé, occupées par les statues d'un pape, de St. François-Xavier et de St. Nicolas. Posé sur l'entablement fortement mouluré, une niche est encadrée par des écus nus sommés d'une couronne royale tenues par des putti agenouillés.
Faisant pendant à celle de St. Nicolas et attribuable au même sculpteur, la statue d'un pape, non identifié, est une œuvre du milieu du XVIIIe siècle en chêne peint en polychromie. Un fort déhanchement,
caractéristique de l'art baroque, une certaine élégance dans le plissé des vêtements et le réalisme du visage contrastent avec la sculpture fruste des mains et du revers de la statue. Placées face à face sur les murs de la nef, les statues en bois plychrome et argenté des martyrs St. Quirin de Neuss et St. Sébastien sont l'œuvre d'un autre sculpteur, qui a quant à lui travaillé dans le courant du XVIIIe siècle. Élégantes dans leurs attitudes mais exécutées sans grand soin, elles sont à mettre en rapport avec la protection du bétail et des chevaux et la guérison des abcès pour lesquelles était invoqué St. Quirin, tandis qu'on recourait à St. Sébastien pour éloigner les épidémie de peste et de choléra, préoccupations majeures des paysans de cette époque.
Lieux et monuments
- La charmante petite chapelle St. Vincent-de-Paul, construite en 1776 avec son mobilier baroque.
La ferme située au 35, rue du moulin, datée 1763 avant les transformations qui l'ont affectée, a conservé sa porte piétonne au chambranle fortement mouluré. L'agrafe est décorée du monogramme du Christ dans la partie concave. La niche qui la surmonte est flanquée de deux balustres portant des chérubins, se détachant sur un cadre strié, très caractéristique de la région.